Il y a un certain temps que Grand-maman ne s’est plus exprimée elle-même sur ce blogue. La dernière fois, c’était le 28 janvier 2016 ; son article portait alors le titre : La jeune fille à la perle. Plus avant, le 10 avril 2010, il y a un article de Grand-maman intitulé Sortie avec Laura. (!) Aujourd’hui, elle reprend la parole… avec un titre étrangement semblable !
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L’idée germait dans ma tête depuis quelque temps : faire une sortie successivement avec chacun de mes petits-enfants, séparément…
J’ai commencé avec l’aînée, ma Laura chérie. Je lui ai proposé de passer une journée à Bâle. Vu son âge et son intérêt pour les fringues je pensais que ma proposition lui plairait. Ce qui fut le cas. Elle était enchantée par l’idée de se promener en ville et de faire les magasins.
Le jour du départ, je suis allée la chercher à Bonfol où elle participait à une activité du Passeport-vacances. Bien cachée sur les hauteurs du village j’ai eu bien du mal à dénicher l’ancienne fabrique Cisa où se déroulait un jeu d’Escape-room.
En m’apercevant elle a couru vers la voiture y est entrée en trombe, un grand sourire aux lèvres. La matinée avait été formidable et l’énigme du jeu habilement maîtrisée.
- « J’ai été quitte de penser sans arrêt à notre sortie d’aujourd’hui et de m’impatienter », me dit-elle.
Nous avons pris la route en direction de Miécourt pour faire le plein puis avons passé par le chemin que je prends habituellement, par l’Alsace et ses petits villages tranquilles. Le temps a passé vite. Laura parlait beaucoup, de plein de sujets. Les thèmes étaient parfois gais, parfois plus sérieux. Il y en a des choses qui passent dans la tête d’une fille de 12 ans!
A propos, avez-vous remarqué que les voyages en voiture sont propices à la discussion, à l’échange voir même aux confidences ? C’est un fait reconnu qui s’explique facilement. D’abord par le contexte : l’habitacle de la voiture, qui est comme un cocon protecteur. Ensuite parce qu’on ne se regarde pas et donc ne pouvons pas observer les mimiques et les expressions du visage de l’autre. Cette situation particulière rend le dialogue plus facile.
Nous voilà déjà à Bâle. Je vais parquer la voiture à la Heuwaage et nous partons à pied en direction de la rue piétonne, la Steinenvorstadt.
Il est passé midi et nous avons faim. Du coup nous nous arrêtons dans un joli restaurant qui nous fait bien envie. Il fait tellement chaud que nous nous réfugions à l’intérieur.
Attablées à une petite table, nous commandons à boire car nous mourons de soif. Puis Laura opte pour une assiette des spaghettis à la carbonara et moi pour des penne au pesto. La sommelière ne sait pas un mot de français, elle ne parle que allemand et italien. Aucun souci, Laura n’hésite pas un instant à utiliser ce qu’elle a appris, sans gêne aucune. J’en suis surprise et bien contente. Mais malgré les bons plats qu’on nous a servi, nous sommes vite rassasiées en raison de la chaleur étouffante qui s’abat sur nous. Encore un p’tit café pour moi (indispensable !) et nous voilà parties sur le chemin des magasins de la grande ville.
Il y a du monde dans les rues, en dépit de la canicule. Comme c’est samedi, ceci explique sûrement cela.
Laura me donne la main et nous entrons dans un magasin, dont les vitrines me rappellent bien des souvenirs. C’est un de ces magasins, comme de nombreux autres qu’on trouve dans les villes plutôt grandes, que nous avons visités de nombreuses fois avec Pauline. Elle avait l’âge de Laura et comme elle, elle les repérait de loin. Les vitrines attirent le regard avec leurs bijoux dorés, leurs accessoires originaux et leurs peluches multicolores.
Il y a tellement de choses que Laura ne sait plus où donner de la tête. Je lui dis qu’elle peut déjà regarder et revenir par la suite. Mais elle préfère assurer ses arrières et opte pour quelques bijoux. Dans sa quête de l’affaire à faire elle pense aussi à son frère. Elle cherche longuement un objet qui pourrait lui plaire et déniche finalement un chien rigolo pour Quentin. Je trouve touchant qu’elle pense à lui. Laura découvre aussi plein de choses pour Céleste : des décorations pour les cheveux et des boucles d’oreilles. Elle aimerait tout lui acheter. Je sens une complicité avec elle, probablement en raison du fait qu’elles sont les seules filles de la famille.
Très satisfaite de ses premiers achats, Laura se réjouit de la suite de notre balade. Nous continuons en direction de la Barfüsserpatz où se trouve le départ des trams. Elle me serre toujours la main car, nous autres petits campagnards ne sommes pas habitués à tant de trafic. Les trams vont et viennent, traversent la route, arrivent par devant et par derrière. Il faut être vigilant dans une grande ville!
Sur le conseil de Laura nous prenons la Gerbergasse. Elle a fait le bon choix, car quelques mètre plus loin elle aperçoit l’enseigne du magasin METRO. La voilà qui saute de joie, crie, rit, surprise et fascinée par cette découverte inattendue. Je la regarde tout étonnée et suppose que ses copines lui ont parlé de cette marque de magasin.
- « Ah, j’aurais jamais pensé que j’allais voir un magasin METRO ! « , me dit-elle
Nous entrons. Laura tourne son regard à gauche et à droite, admire lentement le décors et s’avance religieusement dans la caverne d’Ali Baba. De là, elle sortira avec une jolie robe noire aux épaules dégagées qui lui va à merveille. Elle est contente ma Laura !
Nous poursuivons notre balade et arrivons à la place du Marché, la Marktplatz. Nous achetons des pommes et bavardons avec un marchand qui vend différentes sortes de pain. Nous optons pour un pain de poires à l’intention de grand-papa.
Je lui fait admirer l’hôtel de ville, ses murs de briques rouges et ses dorures. Cette place est vraiment magnifique.
A côté de ce magnifique bâtiment se cache une boutique que Laura aime tout particulièrement. C’est Tally Weil. L’intérieur est spacieux et rempli de vêtements de toutes sortes. Il faut dire que c’est le dernier jour des soldes et qu’une foule nombreuse déambule à l’intérieur. Laura m’explique que sa maman et elle ont une technique lorsqu’elles font des achats de vêtements.
- « On prend tous ceux qui nous plaisent et on va dans la cabine d’essayage. On essaye et si ça va on prend le vêtement. On se demande quand même si on en a vraiment besoin »!
C’est donc les bras chargés qu’elle est passée au stade de l’essayage.
Moi je me suis assise en face de la cabine, sur un joli banc. Il faisait agréablement frais à cet endroit, ce qui fait que je m’y sentais bien et nullement pressée de sortir. J’ai eu droit à un défilé digne d’un grand couturier ! A chaque nouveau vêtement je devais donner mon avis. Je dois dire qu’elle a très bon goût et sait exactement ce qu’elle veut. Finalement la plupart des habits lui allaient à merveille… et elle avait justement besoin de quelques nouveautés!
Nous sommes sorties de la boutique les bras chargés et avons opté pour la traversée du Rhin par le pont. Laura souhaitait fait un tour à Manor.
Le tour fut très bref. La fatigue se faisait quand même sentir et Laura avait mal aux pieds.Nous nous sommes installées dans un bistrot au bord du Rhin. Il y avait foule dans l’eau et en dehors de l’eau.
Nous sommes restées là un bon moment admirant le paysage. Laura en a profité pour sortir ses achats des sacs afin de les admirer une fois encore.
Ses pieds lui faisaient vraiment mal. Je lui ai proposé d’acheter des tongs dans le magasin de chaussures le plus proche. Pas facile à trouver ce genre de choses quand la saison touche à sa fin et que les vêtements d’automne et même d’hiver sont déjà exposés dans les vitrines ! Finalement nous avons trouvé de quoi soulager ses petits petons et nous avons pris le chemin du retour. Malgré la fatigue Laura a préféré la marche au tram !
Il était 17 h environ quand nous avons quitté le parking et repris la route. Le retour fut plus silencieux en raison de la fatigue. Laura préféra mon iPhone à la discussion!
Ce fut une magnifique journée, que je garderai toujours en mémoire. Je crois que Laura, elle-aussi, l’a appréciée. Ces moments à deux nous font découvrir l’autre encore différemment. La complicité qui s’installe crée une ambiance particulière, gaie et détendue. Quelle chance d’avoir pu vivre cela avec ma petite-fille !
Merci ma Laura chérie pour ces beaux moments passés avec toi.