Il se trouve que ce jeudi je suis allé seul lever, préparer et chercher les jumeaux. Après le départ de Pauline, le temps de regarder et raconter un journal ou un livre, de convaincre Malo et Céleste qu’on allait bientôt partir, de leur laisser le temps de quitter peu à peu leurs jeux ou occupations, de les habiller, de réunir les quelques affaires qui pouvaient leur être utiles et de « caser » le chien et nous voilà enfin dans l’auto, prêts au départ.
Tout de suite, Malo se manifeste : Il voudrait aller voir des trains ! Alors, en route, cap sur Glovelier. En traversant les tunnels, voilà que soudain resurgissent des réminiscences de la période des balades, les « prodannes » comme disait Enzo petit. Ces prodannes scandaient le rythme hebdomadaire des jeudi matins et nous ont valu – outre de nombreux articles dans ce blogue – de bons moments passés ensemble, de belles découvertes riches en belles images des paysages traversés et donc de beaux souvenirs.
Par la suite, ce fut le tour de Robin d’être concerné par de telles sorties. Certes il y en eut plusieurs et non des moindres, mais Robin ne s’y est jamais montré aussi « accro » que son aîné.
Il y a environ une année et demie, les jumeaux y ont participé pour la première fois . Mais les sorties avec les trois sont restées bien plus épisodiques et occasionnelles, ne serait-ce que pour des questions pratiques. En revanche nous nous sommes un peu rattrapés par des sorties avec les trois ou les quatre dans l’après-midi ou lors de journées entières.
Quant à elle, la balade de jeudi matin s’est faite avec seulement Malo et Céleste, puisque Robin était à l’école. Ils ont adoré. En route, ils n’ont pas arrêté de discuter et de relever en s’extasiant ce qu’il voyaient : les arbres perdant leurs feuilles, les animaux dans les prés, les camions que nous croisons dans les tunnels etc.
Nous nous attardons quelques instants à la gare de Glovelier pour regarder arriver et repartir les trains réguliers dont la rame des CJ qui monte aux Franches-Montagnes. En même temps, des ouvriers chargent des engins de chantier sur des wagons plats. Imaginez la joie de Malo : il voit des « gros » prendre le train ! (heu, non, il n’y a pas de photos : ce jour-là j’ai fait l’incroyable bêtise de partir sans emmener mon smartphone… 🙁 !
Nous poursuivons notre route. Suite à la lecture d’un de leurs livres dans lequel il est question de deux sorcières qui se disputent un agréable petit village tranquille et qui finissent par se pétrifier mutuellement, l’occasion est toute trouvée de leur faire voir la « Fille de May » le long de la route qui va de Bourrignon à Pleigne. Ils ont été très intrigués et en tout cas semblent avoir bien reconnu une forme humaine à ce rocher.
Sur le chemin du retour, inévitablement car l’occasion était trop belle, voilà les jumeaux en train de s’endormir un moment pour digérer toutes ces impressions. Moments de calme dans la voiture. Mais auparavant il y aura eu quelques bons mots, de Céleste en particulier:
• Heureuse (le matin à mon arrivée) : C’est cool que tu viennes nous garder. Je suis contente de te revoir.
• Surprise (en route) : T’es sûr que c’est par là ? T’es vraiment sûr ? (Nous empruntons en effet de petites routes secondaires)
• (Préoccupée) : Mais, Grand’maman, elle est toute seule à la maison? Elle est triste, non?
• (Ayant réussi, non sans peine, à pousser la porte vitrée du local d’attente de la gare) : J’ai de la force, moi. Je suis musclée, moi.
L’avant-veille déjà, Pauline étant passée chez nous, Malo s’annonce depuis le bas des escaliers :
- – Coucou, c’est Malo !
- – Malo comment ? (saura-t-il préciser : Malo Gigon ?)
- – Malo chéri !
Il s’installe près de moi. Je lui demande :
- – Tu étais à la crèche ?
- – Oui
- – C’était bien, tu t’es bien amusé ?
- – Oui. (Un temps, et…) Quentin (c’est l’éducateur) a grondé moi… ai griffé quelqu’ un.
Faute avouée est à moitié pardonnée…
Plus tard, Pauline et Grand-maman sont occupées à l’atelier. Céleste semble désespérée…
- – Qu’est-ce qui se passe, ma petite Céleste ?
- – Grand-maman elle veut pas m’écouter alors je pleure.
- ……
- – Je veux dessiner. Je veux faire une araignée… mais je sais pas dessiner une araignée, je sais pas faire la tête.
- ……
- – Grand-maman, tu peux m’aider à dessiner une araignée ? Si t’es pas d’accord de m’aider alors je pleure !
Pas de doute, elle sait ce qu’elle veut. Et j’ajouterais : Elle sait comment s’y prendre pour parvenir à ses fins, la petite crapule !
Un peu plus tard, Céleste regarde pour la n-ième fois (et toujours avec le même plaisir) « Pierre et le Loup » à la TV. Grand-maman s’affaire à la cuisine ; il y a des casseroles sur le feu, de l’eau qui bout, de la viande qui grille…
- – Grand-maman, ça fait trop de bruit ! Arrête de chauffer ! …
Dans la même veine, on relèvera que Robin, qui a pourtant l’habitude de parler haut et fort, réussit – pendant que le lave-vaisselle tourne – à dire :
- Robin : Rrrrooohh, il est chiant ce bruit.
Pour en revenir à jeudi : Avant que la journée de garde ne se termine, j’ai encore l’occasion d’aller faire une balade avec les jumeaux. Cette fois-ci Robin est de la partie (Enzo est en classe). En passant aux abords du sentier des dinosaures près de Chevenez, Robin soudain dit:
- Mais ?! C’est la route de Réclère. On va à Réclère…
Il s’était bel et bien repéré correctement :
- Je reconnais la route. On a passé par ici avec Papa, l’autre jour.
Tout s’explique. Finalement nous atteignons notre but : la place de jeux de l’A16 près de Porrentruy. Là – c’est devenu une tradition -, en y arrivant, je dois définir un parcours pour Robin (c’est en gros toujours le même) puis le chronométrer sur ce parcours. Aujourd’hui il convainc Malo et Céleste de faire la course avec lui :
place_jeux_A16 from JFrC on Vimeo.
Pour terminer, deux images encore (Ah, tout de même !). Elles ne sont pas de moi, mais semblent annoncer qu’après Quentin, un autre de nos petits-enfants deviendra un fan de Lego. Pour l’instant son amour pour les voitures et autres objets fabriqués en Lego se limite à souhaiter les avoir en permanence avec lui, dans son lit ou dans sa main. Ce qui est hélas incompatible avec la solidité toute relative de ces objets (Faudrait-il coller les pièces en les assemblant ? Cela serait aller à l’encontre de l’intention de base du jeu de Lego). Mais il brûle de pouvoir parvenir à assembler lui-même quelques plots. La preuve :
(Dialogue purement imaginaire, bien entendu.)