Avant que ce blogue n’existe, nous avions déjà notre première petite-fille à garder chaque semaine. En deux occasions au moins nous avons alors vécu avec Laura des moments qui nous avaient parus dignes d’être relatés dans son blog à elle. Entretemps ce blogue-ci est apparu ; pour son anniversaire, il semble donc opportun de rapatrier ces articles ici. Voici le premier (Attention, sur son blogue, c’est Laura qui parle !) :
Au pays des loups – 26 septembre 2008
En raison des préparatifs pour notre déménagement, Papa avait déplacé son jour de congé au lundi. Aujourd’hui, il devait donc aller travailler et moi, j’allais passer ma journée avec grand-papa et grand-maman.
Une surprise m’attendait : À peine arrivée chez mes grands-parents, Grand’Maman me prépare mon petit sac à dos en y glissant un petit goûter, un livre et une couche de rechange. Ainsi équipés nous voilà partis, grand-papa et moi, pour la gare.
Quelques minutes plus tard, nous sommes dans le train. En voiture pour une chouette excursion malgré le temps qui reste gris et maussade. Nous passons plusieurs tunnels, apercevons au passage St-Ursanne et le Doubs, traversons encore quelques tunnels et voici déjà le moment de descendre du train. Depuis le quai, nous le voyons redémarrer et continuer sa route en direction de Delémont.
De l’autre côté du bâtiment de la gare, un autre train, plus petit, nous attend. Comme il n’y a pas beaucoup d’autres voyageurs, je profite de faire la visite des différents compartiments de cette rame rouge.
Et nous voici repartis à l’assaut de la (Franche-)Montagne. Tout ce voyage est passionnant : les forêts dont les arbres affichent de belles couleurs d’automne, les champs et pâturages où s’attardent encore vaches, moutons ou chevaux, les falaises de rochers qui alternent avec les versants plus doux et boisés ainsi que quelques étangs. Parfois le train nous secoue un peu, les roues crissent dans certains virages, mais il avance à bonne vitesse.
Un arrêt pour le rebroussement à la Combe Tabeillon (le mécanicien, qu’à la fenêtre je regarde changer de côté, ne manque pas de me faire un petit coucou au passage), quelques arrêts à des petites gares qui semblent se cacher loin des villages et nous voici arrivés à Saignelégier. Je n’ai pas vu le temps passer. Le goûter dégusté en route a été excellent, mais le livre est resté dans le sac parce que le voyage était passionnant.
Mauvaise surprise à l’arrivée : le ciel est resté gris et couvert, le vent souffle fort, l’air est glacial. Un temps à ne pas mettre un loup dehors. Heureusement que j’ai un bon bonnet – tricoté par grand-maman – et un capuchon bien fourré pour me protéger !
Une gare, c ‘est plein de choses intéressantes à découvrir : les voies et les quais, les mâts et la caténaire, les wagons à l’arrêt, les bancs, le kiosque. Tout cela est nouveau et fascinant.
Mais finalement le plus intéressant, c’est l’école que je découvre de l’autre côté de la route, en contre-bas de la gare. Les enfants sont justement dehors pour leur récréation. Pouce à la bouche, la goutte au nez et quelques larmes dues au froid dans les yeux, sous les regards amusés de grand-papa, je contemple le spectacle et peu à peu, petit à petit, je m’enhardis… d’abord à descendre les escaliers pour gagner la cour de la récré…
…puis à m’approcher des enfants qui jouent. Il ne faut pas bien longtemps avant que de gentilles petites filles me remarquent et s’approchent à leur tour. Elles m’emmèneraient bien vers leurs jeux si la fin de la récré ne sonnait pas justement à ce moment-là !
D’ailleurs voilà grand-papa qui me rejoint ; il est l’heure pour nous de repartir.
Le voyage de retour est passionnant aussi parce que très différent : c’est le bus qui va nous ramener à Glovelier. Là, un quart d’heure d’attente dans un petit local chauffé, – c’est mieux qu’en plein air – et nous reprenons le train pour rentrer chez mes grands-parents où, entre temps, grand-maman nous a préparé un bon dîner.